Note d'intention de l'auteur, Alexandre Martin-Varroy

Ce qui me frappe particulièrement chez Shakespeare, c’est le raffinement de son imagination poétique, qui contraste avec la lucidité, la violence et la crudité sans concession des rapports humains qu’il décrit ; c’est la grande sensualité de ses textes, sa douceur féconde, son humour corrosif et son humanité teintée de désespoir.

 

 

 

Quand je lis Shakespeare, je suis toujours surpris, étonné. Je fais en somme un incroyable voyage, tantôt drôle, tantôt fantastique ou tragique, toujours au cœur de l’humain. Pour illustrer cet étonnement, ce ravissement des expériences nouvelles auxquelles nous convie le poète dans chacun de ses textes, ce voyage presque « maritime » à la lisière de mondes connus et imaginaires, j’ai eu envie de trouver une combinaison artistique insolite : celle du théâtre et surtout de l’opéra accompagné à l’accordéon…

 

L’accordéon, justement l’instrument du voyage, du mystère, dont les sonorités nous promènent de Fréhel à Galliano, de l’Europe au continent latino-américain, et même, si on l’écoute bien, au fin fond du Laos, ses origines… Par sa noblesse, mais aussi par son attachement intrinsèque à la culture populaire — avec le bal musette, la musique tzigane, le tango argentin — on n’est pas si loin de Shakespeare, qui joue dans la cour des grands mais porte également sans relâche la voix des pauvres, du peuple, des marins et des marchands.

 

Le talent unique de Marion Chiron contribuera à prouver à quel point l’accordéon peut changer de costume, et même jouer Shakespeare !

 

Du rapport inattendu entre ce grand auteur du XVIe siècle, des compositeurs classiques et cet instrument de fête, de bohème et de bal, j’espère susciter une magie particulière qui exhaussera la poésie et l’humanité de Shakespeare, un récital d’humilité…

 

Alexandre Martin-Varroy

Découvrez l'interview d'Alexandre Martin-Varroy réalisée à la Cité de la Voix (source : Facebook)