LA CHAMADE

Genèse et conception artistique

 

Après le Requiem - oeuvre profondément religieuse - s'ajoute une œuvre plus profane, qui regroupe les mêmes caractéristiques de symbolique, d'adéquation texte-musique et de mise en scène : le poème symphonique La Chamade.

 

Grand stratège militaire, Vauban laisse avec son Traité d'attaque des places en douze temps un document longtemps considéré comme une référence militaire, bien que relativement aride dans son contenu, tout au moins pour les néophytes. Mais grâce à la verve et à la passion narrative d'Alain Monferrand, le compositeur Enguerrand-Friedrich Lühl a su trouver les images sources de son inspiration.

 

Ainsi naît ce poème symphonique, dont le titre La Chamade évoque le signal de proposition de reddition de l'assiégé depuis la citadelle ou la forteresse qu'il occupe – un signal alors donné par le biais d'un rythme significatif joué au tambour. Ce signal, très caractéristique et reconnaissable pour l'époque, devait, pour confirmer la reddition et arrêter les hostilités, être répété par l'assiégeant, afin de pouvoir éviter le carnage et entamer immédiatement des négociations.

 

Une analogie numérique confère à La Chamade une dimension toute particulière : si l'attaque d'une place forte, décrite par Vauban, se divise en douze temps, l'œuvre s'appuie quant à elle sur les douze tonalités de l'échelle musicale occidentale...

 

Pour assurer la description du déroulement chronologique de la méthode décrite par Vauban, et donner au spectateur des images évocatrices fortes, La Chamade s'appuie sur l'intervention d'un récitant à quatre moments très précis, venant ainsi ponctuer l'œuvre dans son déroulé dramaturgique.

 

Vulgarisant le traité de Vauban, le récit présente un caractère didactique, tandis que la présence des différents thèmes musicaux de La Chamade, reconnaissables par le spectateur, facilite l'accès à l'œuvre pour le plus grand nombre.

 

Enfin, un film muet documentaire, reprenant une iconographie très riche - tableaux de sièges d'époque, portraits de Vauban, Louvois et Louis XIV, photos des planches dessinées par Vauban pour illustrer son traité d'attaque, vues des plans-reliefs, vues aériennes des forteresses et citadelles de nombreuses régions françaises, etc. - est également disponible, dans le but d'être projeté en arrière-plan de l'orchestre et du chœur, venant ainsi illustrer la musique du compositeur.

 

La Chamade a été créée par l'Orchestre de la Garde Républicaine aux Invalides (Paris), le 18 décembre 2003, devant plus de 500 spectateurs.

Extraits de La Chamade

Fiche technique

 

Durée de l'œuvre :

 

     40 minutes de musique + 4 interventions du récitant (10 minutes)

 

 

Instrumentation idéale (orchestre) :

 

     Orchestre : 76-79 musiciens

 

     Nomenclature :

     14 violons I, 12 violons II, 10 alti, 8 violoncelles, 6 contrebasses

     3 flûtes (dont un piccolo), 3 hautbois (dont un cor anglais), 2 clarinettes (en si b)

     3 bassons (dont un contrebasson)

     3 trompettes (en si b), 4 cors (en fa), 3 trombones, 1 tuba

     3 à 6 percussionnistes : 3 timbales, cymbales (frappées et suspendues), gong, célesta, grosse caisse, glockenspiel, cloches tubulaires, triangle, tambourin

     1 harpe

 

     Chœur mixte : de 60 à 100 choristes

 

 

Instrumentation réduite (minimum) :

 

     Orchestre : 56 musiciens

 

     Nomenclature :

     10 violons I, 8 violons II, 6 alti, 4 violoncelles, 2 contrebasses

     3 flûtes (dont un piccolo), 3 hautbois (dont un cor anglais), 2 clarinettes (en si b)

     3 bassons (dont un contrebasson)

     3 trompettes (en si b), 4 cors (en fa), 3 trombones, 1 tuba

     3 percussionnistes : 3 timbales, cymbales (frappées et suspendues), gong, célesta, grosse caisse, glockenspiel, cloches tubulaires, triangle, tambourin

     1 harpe

 

     Chœur mixte : de 40 à 70 choristes

 

Anonyme - Le siège de Namur (1692)